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Si j’étais présidente

La clé, c’est la volonté

En 2012, pendant quelques mois, j’ai été membre du cabinet de la ministre des droits des femmes, Najat Vallaud-Belkacem. Au-delà du plaisir intense de travailler à la mise en place de politiques publiques, aux côtés d’une ministre convaincue, je retiens de cette expérience une leçon principale. Lorsque vous êtes président·e de la République, vous avez le pouvoir de changer les choses.

La Ve République et son fonctionnement ultra-présidentiel a de multiples inconvénients démocratiques. Elle a une conséquence : quand le président ou la présidente décide de faire bouger quelque chose, ça bouge à toute allure.

Sous l’impulsion de chefs d’État, la puissance publique a d’ailleurs déjà réussi par le passé à changer des mentalités et des comportements qui nous semblaient inamovibles tellement ils étaient ancrés dans nos habitudes. Qui aurait dit il y a trente ans que nous réussirions à diviser par quatre le nombre de morts sur les routes ? Qui aurait dit il y a vingt ans que le tri du papier semblerait aujourd’hui presque une évidence ?

Un·e président·e de la République peut, s’il ou elle le décide, déclencher un plan d’urgence contre les violences, mobiliser l’ensemble du gouvernement et toute la puissance de l’État, partout en France. Un·e président·e de la République peut, s’il ou elle le décide, faire en sorte que l’intolérance aux violences devienne la norme.

Un plan d’urgence : prévention et formation

Le plan est déjà connu. Nous l’avons répété, mis sous forme de notes, de pétitions, en avons parlé dans les ministères, dans les médias. En 2017, Sarah Durieux, dirigeante de la plateforme Change.org et excellente spécialiste des mobilisations citoyennes, avait réuni cinq féministes à l’origine de pétitions pour interpeller Emmanuel Macron. Le plan est connu.

  • La première chose à faire serait de doubler les subventions des associations qui accueillent les femmes au téléphone ou physiquement et le nombre de places d’accueil d’hébergement pour les femmes victimes.
  • Ensuite, il faudrait créer un brevet de la non-violence sur le modèle de l’attestation de la sécurité routière, obligatoire dès la rentrée suivante. 100% des enfants seraient sensibilisé·e·s, plusieurs fois dans leur scolarité. Pour elles et eux, la non-violence deviendrait une évidence, comme le code de la route.
  • Puis, seraient programmées, de manière systématique et obligatoire, des formations de tous les professionnel·le·s en contact avec des femmes victimes : enseignant·e·s, magistrat·e·s, policier·e·s, gendarmes, professionnel.le.s de santé, notamment de la santé au travail.
  • Avec les ministres de l’Intérieur et de la Justice, nous ferions en sorte qu’aucune femme ne soit renvoyée d’un commissariat lorsqu’elle est venue pour porter plainte pour violences. Nous ferons en sorte qu’aucune plainte ne soit classée sans suite sans enquête.
  • Avec la ou le ministre du Travail, nous trouverions le moyen de rendre obligatoire la formation des salarié·e·s et managers à la prévention du harcèlement sexuel au travail.
  • Enfin, nous lancerions en continu, toute l’année, des campagnes nationales de prévention équivalentes à celles que nous avons connues sur la sécurité routière.

Le plan est connu. Il manque la volonté politique.

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