Comprendre les chiffres
pour mieux défendre les femmes
et les enfants victimes de violences
sexistes et sexuelles

Décompte des féminicides en France

un décès tous les deux jours

Depuis 2022, le décompte #NousToutes

Depuis 2021, #NousToutes produit son propre décompte pour représenter la réalité des violences sexistes et sexuelles que nous voulons combattre, sans discrimination et avec la volonté de n’invisibiliser aucune des femmes qui sont assassinées parce qu’elles sont des femmes.

Certaines ont été tuées par un membre de leur famille, d’autres pour avoir refusé un rapport sexuel ou en raison de leur transition de genre. D’autres encore ont été poussées au suicide par des hommes violents ou par le (cyber-)harcèlement sexiste et sexuel dont elles étaient victimes.

Derrière ces chiffres, ce sont des vies qui doivent être reconnues.

Pour suivre ce décompte en temps réel, rendez-vous sur nos réseaux sociaux.

Notre méthodologie

#NousToutes s’appuie sur une définition large du féminicide pour effectuer son décompte. Cette définition comprend deux éléments clés :

  • Le meurtre d’une femme en raison de son genre
  • Le rôle du patriarcat comme système de pouvoir et de domination dans la perpétuation et la banalisation de ce meurtre et des violences sexistes et sexuelles en général.

Ces deux éléments sont corroborés par la combinaison de plusieurs définitions :

  • La définition de Jill Radford et Diana Russell, premières théoriciennes du concept avec notamment un article paru en 1992, le féminicide étant défini comme : « le meurtre misogyne des femmes par les hommes ».
  • La définition de l’ONU : le meurtre d’une femme ou d’une fille en raison de son genre.

Ce décompte ne prend malheureusement pas en compte l’ensemble des suicides forcés consécutifs à des violences sexistes et sexuelles, c’est-à-dire les femmes ou les filles ayant été poussées au suicides du fait de ces violences. Ces suicides forcés sont des féminicides mais il n’est pas possible pour nous de comptabiliser chacun d’entre eux.

Les féminicides décomptés par #NousToutes sont ceux ayant lieu sur le « Territoire de la République française », qui comprend la métropole et les 5 départements d’Outre-Mer, la Nouvelle-Calédonie, la Polynésie française, les îles Wallis et Futuna, les Terres australes et antarctiques françaises, les îles éparses de l’Océan indien ainsi que la collectivité territoriale à statut particulier de Saint-Pierre-et-Miquelon.

Ce décompte a plusieurs objectifs :

  • Visibiliser tous les féminicides, dans le couple mais aussi au-delà du couple,
  • Élever le niveau de conscience de la société et alerter : les féminicides se produisent partout et tout le temps,
  • Interpeller le gouvernement sur l’absence de volonté et de politiques pour faire cesser ces violences,
  • Mettre en lumière tous les mécanismes de pouvoir et d’oppression en jeu dans l’exercice des violences féminicidaires tels que la transphobie.

Afin d’effectuer ce décompte, le collectif #NousToutes effectue une veille médiatique avec l’aide d’un système d’alertes permettant, via des mots-clefs, de repérer sur internet les mentions pouvant faire référence à des féminicides.
Ce système permet de multiplier les sources, et de recouper et compléter les informations.

Cette veille est réalisée par une équipe de militant·es bénévoles qui se relaient tous les jours, plusieurs fois par jour.

Jusqu’en 2021 inclus

NousToutes a relayé entre 2018 et 2021 la comptabilisation et la cartographie du collectif Féminicides par compagnon ou ex, des femmes cis et trans présumées victimes d’homicide par leur (ex-)compagnon (relations conjugales et non conjugales) en France métropolitaine et dans les DOM-TOM.

C’était le seul décompte rigoureux effectué alors, d’autant essentiel que l’Etat français, s’il dénombre les assassinats au sein du couple seulement, ne distingue pas non plus les homicides des féminicides puisque le mot n’existe pas dans le code pénal.

En 2021

113
femmes

sont mortes, tuées par leur conjoint ou leur ex-conjoint.

En 2020

102
femmes

sont mortes, tuées par leur conjoint ou leur ex-conjoint.

En 2019

153
femmes

sont mortes, tuées par leur conjoint ou leur ex-conjoint.

En 2018

123
femmes

sont mortes, tuées par leur conjoint ou leur ex-conjoint.

En 2017

143
femmes

sont mortes, tuées par leur conjoint ou leur ex-conjoint.

En 2016

131
femmes

sont mortes, tuées par leur conjoint ou leur ex-conjoint.

D’autres décomptes, avec des critères différents, sont tenus par Libération et le Ministère de l’Intérieur.

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10 chiffres clés à retenir

  • 16% des français·e·s ont subi une maltraitance sexuelle dans leur enfance

    16% des français·e·s ont subi une maltraitance sexuelle dans leur enfance

    16% des Françaises et Français ont subi une maltraitance sexuelle dans leur enfance.  Au moins 1 adulte sur 6 vit avec la mémoire de violences sexuelles subies dans l’enfance.

    Maltraitance des enfants en France, l’Enfant Bleu (2017)

  • 28,5% de salaire en moins

    28,5% de salaire en moins

    Tous temps de travail confondus, les femmes touchent 28,5% de moins en salaire que les hommes. 1 femme sur 3 travaille à temps partiel contre 1 homme sur 10. À temps de travail égal, les femmes touchent 16,8% de moins que les hommes. Femmes et hommes n’exercent pas les mêmes emplois. les métiers et les postes majoritairement exercés par des femmes sont aussi souvent les moins bien payés. Pourtant à temps de travail et métiers équivalents : les femmes touchent 5,3 % de moins que les hommes. Une femme dépendante économiquement de son conjoint a plus de difficultés à partir en cas de violences.

    Observatoire des inégalités, données de l’INSEE (2017)

  • 1 femme sur 6 fait son entrée dans la sexualité par un rapport non consenti et désiré

    1 femme sur 6 fait son entrée dans la sexualité par un rapport non consenti et désiré

    Pour 1 femme sur 6, l’entrée dans la sexualité se fait par un rapport non consenti et désiré. Pour 36% de ces répondantes, ce rapport a eu lieu avant leurs 15 ans.

    Enquête #NousToutes Consentement dans les rapports sexuels (2020)

  • 213 000 femmes victimes de violences physiques ou sexuelles de la part de leur conjoint ou ex-conjoint chaque année

    213 000 femmes victimes de violences physiques ou sexuelles de la part de leur conjoint ou ex-conjoint chaque année

    En moyenne chaque année sur la période 2011-2018, 213 000 femmes âgées de 18 à 75 ans déclarent avoir été victimes de violences physiques ou sexuelles de la part d’un conjoint (concubin, pacsé, petit ami) ou d’un ex-conjoint. Parmi ces victimes, 29 % sont âgées de 18 à 29 ans.

    Rapport d’enquête « Cadre de vie et sécurité » (2019)

  • 1 femme sur 2 a déjà subi une violence sexuelle en France

    1 femme sur 2 a déjà subi une violence sexuelle en France

    Plus d’une femme sur deux en France (53%) et plus de six jeunes femmes sur dix (63%) ont déjà été victimes de harcèlement ou d’agression sexuelle au moins une fois dans leur vie.

    Sondage Le Figaro et FranceInfo (2017)

  • 75% des agressions islamophobes visent des femmes

    75% des agressions islamophobes visent des femmes

    75% des agressions islamophobes visent des femmes. Voilées ou non, les femmes restent les principales visées par les actes islamophobes. Elles représentent 75% des agressions islamophobes dont 100% des agressions physiques les plus graves (>8 jours d’ITT).

    Rapport du Collectif Contre l’Islamophobie en France (2017)

  • Dans 91% des cas de violences sexuelles, les femmes connaissent les agresseurs

    Dans 91% des cas de violences sexuelles, les femmes connaissent les agresseurs

    Dans 91% des cas de violences sexuelles, les femmes connaissent les agresseurs. Pour la plupart, ces hommes ne sont pas de violents psychopathes exclus de notre société qui se cachent dans des allées sombres mais bien nos partenaires, nos amis, nos frères, nos collègues ou nos mentors.

    Rapport d’enquête « Cadre de vie et sécurité », moyenne entre 2012 et 2017 (2019)

  • 85% des personnes transgenres agressées au cours de leur vie

    85% des personnes transgenres agressées au cours de leur vie

    85% des personnes ‪trans‬ ont déjà subi un acte transphobe, notamment dans la rue, et cette discrimination a des conséquences sur leur vie sociale.

    Sociologie de la transphobie, Maison des sciences de l’homme d’Aquitaine (2015)

  • 80% des femmes en situation de handicap ont été victimes de violences

    80% des femmes en situation de handicap ont été victimes de violences

    Près de 80 % des femmes handicapées sont victimes de violences. Les femmes handicapées sont quatre fois plus susceptibles de subir des violences sexuelles que le reste de la population féminine.

    Parlement européen, Commission des droits de la femme et de l’égalité des genres, rapport sur la situation des femmes handicapées dans l’Union européenne, (A6-0075/2007) (29 Mars 2007)

  • 94 000 femmes sont victimes de viol ou tentatives de viol chaque année

    94 000 femmes sont victimes de viol ou tentatives de viol chaque année

    En moyenne chaque année sur la période 2011-2018, 94 000 femmes âgées de 18 à 75 ans déclarent avoir été victimes d’un viol ou d’une tentative de viol. Parmi ces femmes victimes, 32 % sont âgées de 18 à 29 ans et dans 45 % des cas décrits l’auteur est un conjoint ou un ex-conjoint.

    Rapport d’enquête « Cadre de vie et sécurité » 2019 (2019)

Le collectif quot nous toutes quot avait organise une manifestation au trocadero a paris le 1er septembre pour denoncer le 100e feminicide de l annee 2019 photo zakaria abdelkafi afp 1576509580 1

Deux enquêtes clés en France

Les organismes publics menant des enquêtes d’envergure sont rares en France, c’est pourquoi nous citons souvent les résultats de ces deux enquêtes de référence.

Cadre de Vie et Sécurité (CVS)

Quand ? Tous les ans depuis 2007

Par qui ? L’INSEE

Sur quel échantillon ? Entre 20 000 à 25 000 ménages en France métropolitaine.

Pourquoi ? Entre autres, connaître les faits de délinquance dont les ménages et les individus ont pu être victimes dans les deux années précédant l’enquête, qu’ils aient, ou pas, donné lieu à une déclaration dans les services de police ou de gendarmerie.

Qui finance ? L’Insee, l’Institut national des hautes études de la sécurité et de la justice (INHESJ) et le ministère de l’intérieur.

VIRAGE

Quand ? 2015

Par qui ? L’INED

Sur quel échantillon ? 27 268 personnes, dont 15 556 femmes et 11 712 hommes.

Pourquoi ? Comprendre les contextes, les conséquences et l’ampleur des violences subies tant par les femmes et les hommes en France.

Qui a financé ? Des partenaires institutionnels, des associations d’aide aux victimes et des personnalités scientifiques.

Les enquêtes #NousToutes

En réaction à des échanges sur les réseaux sociaux, le collectif #NousToutes peut prendre l’initiative de lancer des enquêtes sur des thèmes liés aux violences sexistes et sexuelles.

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La meilleure façon de s’informer, c’est encore de se former !