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Les mécanismes des violences

Violence au sein du couple, harcèlement au travail, violences sur les enfants, harcèlement à l’école… Les histoires de violences sont toutes différentes, toutes spécifiques. Et pourtant, dans chacune, on retrouve des points communs. Ce n’est pas du côté de la victime qu’il nous faut regarder si l’on veut trouver des ressemblances mais plutôt du côté de la personne qui commet les violences.

C’est ce que nous appelons « les mécanismes des violences ».

Caroline De Haas, autrice du « Manuel d’action pour en finir avec les violences sexistes et sexuelles », a découvert ces mécanismes des violences grâce Marie Cervetti, Emmanuelle Piet et Marie-France Casalis. La première était jusqu’à fin 2020 directrice du FIT, un foyer d’accueil pour jeunes femmes victimes de violences. Les deux autres ont fondé le Collectif féministe contre le viol dans les années 80 et continuent à le diriger aujourd’hui.

Elles lui ont raconté comment, à force d’entendre des histoires de violences, elles avaient pu extraire des points communs. Assez rapidement dans une relation violente (dans le couple, dans l’entourage ou au travail) se mettent en place des mécanismes (l’ordre n’est pas toujours le même).

D’abord, l’isolement. Face aux remarques et comportements de la personne qui violente, la victime va peu à peu couper des liens (ami·e·s, famille…). « Franchement, on va trop souvent chez tes parents » ou « tu vois tes copines plus que moi, tu m’aimes moins ? ». La victime peu à peu se retrouve seule. Et donc moins capable de se défendre.

Ensuite, la dévalorisation. Des mots, des phrases qui rabaissent la personne : « Si on m’avait dit que je finirais avec une (métier de la femme) », « t’es même pas foutue de faire ça ». Une de vos copines se dévalorise systématiquement ? Demandez-vous pourquoi.

Après, l’inversion de la culpabilité. La personne qui violente va toujours trouver une « raison » expliquant sa violence verbale ou physique. « Je sais, j’ai crié trop fort. Mais, t’as vu ce que tu as dit/fait/… ». La responsabilité est systématiquement renvoyée sur l’autre.

Ensuite, vient l’instauration de la peur. Des cris, des coups, des menaces. La peur est un des signaux les plus importants pour détecter les violences. Avoir peur de la personne avec qui on vit ou avec laquelle on travaille n’est pas normal. Une femme victime a quasi systématiquement tendance à banaliser les violences, à les excuser ou à les amoindrir. Alors, si une femme vous dit « j’ai peur » en parlant de son conjoint, c’est qu’elle est terrorisée.

Dernier élément : assurer son impunité. La personne qui commet les violences va tout faire pour que la parole de la victime ne soit pas entendue, quitte à la faire passer pour folle. « Ce n’est pas l’homme que nous connaissions », « c’était un si gentil voisin », « il est incapable de faire ça, il ne ferait jamais ça ».

Apprenez ces mécanismes, parlez-en. Vous verrez autour de vous des ami·e·s, collègues ou proches percuter qu’ils connaissent peut-être une personne victime.

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